Consommer autrement

Black friday : je suis contre !

moutonsAlors là, je vais m’attirer les foudres des commerçants, mais tant pis ! Que dis-je, les commerçants ? Je devrais plutôt dire les multinationales derrière lesquelles se cachent des personnes qui gouvernent notre monde moderne en tirant les ficelles de l’économie. Une fois n’est pas coutume, il s’agit bien d’un post « coup de gueule ». Ce qui m’a décidé à prendre la plume (enfin, le clavier), c’est qu’en ouvrant ma boîte mail ce matin, j’ai été submergée par une vague de messages en gros, en gras, qui disaient « Attention, aujourd’hui c’est le BLACK FRIDAY! ». Quoi ? Quesako ? Que s’est-il passé de grave dans le monde ?  Une banqueroute planétaire, un krack bourcier ? J’ai, comme vous tous, en tête des souvenirs de mes cours d’éco pendant lesquels on m’a parlé du Jeudi Noir. Et le Jeudi Noir, c’était très grave !

Meuh non, rien de bien catastrophique, en fait ! Ce sont juste les grands groupes de distribution qui nous demandent aujourd’hui de consommer plus que d’habitude, créant l’illusion que demain, ce sera trop tard, qu’il n’y en aura pas pour tout le monde, que si on ne remplit pas son panier, on est un has-been, un paria, qu’on a rien compris à la société moderne…

Alors, moi, le Black Friday en France et tel qu’il est utilisé aujourd’hui, je suis contre, et je vais vous expliquer pourquoi.

Parce qu’un Black Friday en France n’a aucun sens.

En effet, le Black Friday trouve son origine outre atlantique, chez nos amis américains, qui ont pour coutume de fêter Thanksgiving, jour férié durant lesquels les familles se retrouvent, prennent quelques jours de congés. Le lendemain, c’est donc naturel pour elles de profiter de ce « day-off » pour commencer les achats de Noël. Thanksgiving, en France, ça n’existe pas.

Parce que le Black Friday, c’est un prétexte pour vendre plus !

Dans une période de fin de mois que les foyers ont déjà du mal à boucler sans passer dans le rouge et juste avant le mois de décembre, moment où l’on se sert un peu la ceinture pour faire plaisir à nos proches, on nous demande aujourd’hui (et aujourd’hui seulement !) qui de se rhabiller pour l’hiver, qui de remplir sa trousse de maquillage, son placard de lingerie, qui de s’équiper en téléviseur ou smartphone. On pourrait se dire que c’est une journée salutaire, qui nous permet de commencer les achats de Noël en profitant de rabais exceptionnels (mais le sont-ils vraiment, exceptionnels?), ce serait sans prendre en compte tous les opportunistes qui vendent des produits qui n’ont rien, mais alors rien à voir avec ce qu’on pourrait prendre pour des cadeaux de Noël : cartes de visites, photographie… Même le B to B surfe sur la tendance. N’importe quoi !

Parce que le Black Friday ne profite qu’aux plus gros

boutique-fermeeEn admettant que les prix soient réellement cassés (jusqu’à -70% comme il est de mise aux USA), quel commerçant indépendant est en mesure d’accorder à ses clients de tels rabais sans se  mettre en péril ? Les multinationales ont la capacité de résister à de tels efforts sur leurs marges, pas les petits.

Parce que le Black Friday me donne des ordres, et que j’aime pas ça !

Vous faites ce que vous voulez, mais moi, je ne suis pas un mouton. De quel droit me dicte-t-on mon comportement de consommateur ? Quand j’ai besoin d’un produit, je l’achète, je n’attends pas les journées de pseudo promotions telles que le Black Friday.

A l’heure où le climat se dérègle, où les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres, où le monde est régulé non plus par des hommes de conviction mais des machines économiques, il commence à se susurrer que le pouvoir est finalement entre les mains des consommateurs, nous tous, et que c’est par notre comportement d’achat que nous avons la capacité à inverser cette folle course vers la catastrophe. Je rêve d’un monde où les produits sont vendus à leur juste valeur : le prix du travail humain, le vrai prix des matières premières, issues d’une exploitation ou d’une agriculture qui ne massacre pas la nature. Ca s’appelle le commerce équitable, et c’est bien loin du principe du Black Friday.

Je vous laisse méditer sur le sujet, et m’en vais de ce pas faire le ménage dans la boîte mail 😉

 

 

 

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3 réflexions au sujet de « Black friday : je suis contre ! »

  1. Bravo ! Comme Noël est en route depuis le mois d’octobre , il fallait bien trouver quelque chose pour continuer à faire dépenser les gens.Enfin ! Bientôt ils vont sortir les décos de Pâques 😉

  2. Entièrement d’accord avec toi! Ma boîte mail est remplie de Black friday! Et ça n’a aucun sens pour nous Européens! Impossible pour les petits commerçants de s’aligner…Tout ça me soule… Bonne soirée et merci encore pour ce texte plein de bon sens et de vérités.

  3. Tu as exprimé tout ce que je ressens par rapport à cette importation de traditions qui n’a qu’un seul objectif, nous faire consommer à tors et à travers et toujours plus.
    Quand est ce que nous allons enfin réaliser que le bonheur ne réside pas forcément dans la possession de tous ces biens matériels?

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