Conseils d'entrepreneuse

Quitter son job pour se lancer dans la déco : ce qu’il faut savoir

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Si vous suivez Ma Bulle depuis longtemps, vous savez que je n’ai pas pour habitude de vous parler de moi. Je préfère personnifier mes petits meubles afin de les rendre sympathiques à vos yeux pour vous donner envie à vous aussi d’en sauver quelques uns d’un sort trop triste : la cave, le grenier, voire pire, la déchetterie. Mais je reçois fréquemment des messages me posant diverses questions sur mon activité : « Moi aussi j’aimerais me lancer dans la déco, écrire un blog, refaire des meubles… Est-ce rentable? Avez-vous une formation particulière? Comment avez-vous réussi? ». En effet, sur le papier, travailler à son compte dans la déco, ça fait rêver un grand nombre d’entre vous, j’ai pu le constater. Il me semblait donc légitime de lever aujourd’hui le voile sur cette expérience, que je vis depuis maintenant trois ans. Trois ans, pour un bilan, c’est bien, non?

Avant toute chose, laissez-moi vous parler de mon parcours. J’ai 43 ans, deux enfants, j’ai fait des études de communication, et travaillé durant quinze ans dans le service marketing et communication d’une grande société de distribution spécialisée dans le bricolage. Mon dernier poste était responsable de la communication magasin : je fabriquais de jolies affiches et mises en ambiance pour mettre en avant les offres promotionnelles. Fouillez un peu, vous allez vite comprendre qui c’est. Ils sont restés mes amis, et nous collaborons de temps à autre, je leur suis très reconnaissante pour cela.

overwhelmed-employeeMais comme souvent, à la quarantaine, on se pose des questions sur la suite de sa carrière, et on se dit qu’on a vraiment envie de se faire plaisir. J’ai toujours eu la passion des vieux meubles, depuis toute petite. Dès que j’entrais dans une vieille bicoque qui sentait le rance et que j’y découvrais des meubles défraîchis, j’étais aux anges. Ca n’a pas changé ! Ayant acheté une grande maison, mais bénéficiant d’un budget restreint pour la meubler, j’ai commencer à acheter de vieux meubles, et à les relooker selon mes goûts : m’initiant ainsi « sur le tas » aux techniques des patines, des céruses, et de l’ébénisterie en général. Je n’ai pas suivi de formation particulière, j’ai essayé, raté, refait, réitéré, avant de me perfectionner, et j’ai encore beaucoup à apprendre ! Autodidacte, comme on dit, si toutefois cela peut s’appliquer dans le domaine de l’artisanat. J’ai commencé à partager mes réalisations dans un blog, avec un premier post parlant de « Ma Bulle » c’était il y a 7 ans.

Un jour, un déclic (le blog y est grandement pour quelque chose), m’a autorisé à imaginer que je pouvais peut-être essayer de lancer une activité autour de la restauration de meubles : le sujet intéressait, l’engouement pour le DIY montait, il existait une vraie communauté… Alors j’ai franchis le pas et j’ai pris un congé pour création d’entreprise : comprenez un an de congés sans soldes, avec l’obligation pour l’employeur de vous réintégrer si vous le désirez. J’avais juste de quoi tenir une toute petite année au niveau revenus, comptant sur le développement de mon chiffre d’affaires pour faire le reste. Je me suis inscrite sous le statut d’auto-entrepreneur, statut sous lequel je suis encore aujourd’hui. Mon rythme de vie a beaucoup changé. Avant, ma journée type consistait à passer 8 heures dans un bureau derrière un PC et l’oreille scotchée au téléphone. Aujourd’hui, c’est de jongler entre la gestion de mon administratif (devis, relations clients, factures), mise à jour de mon site internet et animation de mon blog (rédaction, prise de photos, retouches PAO, animation des réseaux sociaux, formations en ligne car je fais tout moi-même étant donné que je n’ai pas de budget), la livraison de mes commandes avec ma belle camionnette verte (j’ai tout de même investi dans un véhicule utilitaire), la tenue de mon atelier-boutique à Marcq-en-Baroeul, l’animation de mes ateliers, et bien sûr, le nerf de la guerre : le décapage, le ponçage, la peinture des meubles. Tout cela sans oublier d’aller chiner de temps en temps, à la recherche de petits trésors.

pieuvrePour résumer, je suis aujourd’hui à la fois : PDG, assistante administrative, chauffeur-livreur, comptable, photographe, community-manager, webmaster, graphiste, commerçante et artisan. Je bosse du lundi au dimanche, mais je gère mon emploi du temps comme je veux, et ça, c’est je pense ce qui est le plus appréciable, cela donne un grand sentiment de liberté. Attention toutefois à bien s’organiser pour ne pas s’éparpiller.

 

Et maintenant, voici le moment de répondre à LA question qui vous brûle les lèvres… Si, si, je sais que vous allez me demander : « Mais est-ce que tu en vis? ». Toujours vivante, toujours debout, comme le dit un certain Renaud. Vous pouvez le constater, c’est bien moi qui vous écris aujourd’hui, pas mon fantôme. Si je ne suis pas retournée chez mon ex-employeur, c’est parce que j’ai eu la chance de décrocher un poste d’enseignante en communication dans une école de management, à raison de quelques heures par semaines. Le bilan de ma première année ne m’aurait pas permis de prendre le risque de « tout » lâcher pour cette activité seule. Et aujourd’hui, après trois ans d’activité, je ne pourrais me contenter de vivre décemment avec ce que me rapporte mon petit business de relooking de meubles. Ne comptez même pas un SMIC, pas même sur un revenu mensuel régulier.

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Qu’est-ce que ça implique ? Et bien, une vie plus sobre, une réflexion sur chaque dépense engagée, la recherche constante de bons plans, et l’utilisation des systèmes d’économie « alternative » (ça c’est le bon point) : faire des braderies (en tant d’exposant et acheteur) de temps en temps, utiliser Bla-Bla Car plutôt que de prendre le TGV, prendre les transports en commun, faire les courses de proximité à vélo plutôt qu’en voiture dès que possible, vendre tout ce qui n’est plus utile sur le Bon Coin… Ne plus faire de shopping (enfin presque plus…), éviter les centres commerciaux sources de convoitises. Ceux qui pensent que cette activité est réservée aux dames dont le mari « gagne bien sa vie », je vous arrête tout de suite. Mon mari est également entrepreneur et a ses hauts et ses bas, lui aussi. Je ne peux donc me « reposer » sur lui.

Qu’est-ce que j’y ai gagné au final ? Une grande liberté, avoir redonné du sens à mon travail, une meilleure qualité de vie pour ma famille, dont je profite beaucoup plus qu’avant (et ce sont mes enfants qui me le disent).

En conclusion, j’espère que cet article aura été utile à celles d’entre vous qui souhaitent se lancer et qui se posent des questions (je dis « celles », car je n’ai pas rencontré de messieurs dans ce cas, mais excusez-moi si vous en êtes un). Loin de moi la volonté de vous décourager ou au contraire de vous pousser à lâcher votre job actuel si c’est pour le regretter après. Si j’avais une check-list à vous donner pour vous aider à vous décider, ce serait la suivante :

  • Suis-je multi-tâches?
  • Suis-je organisée?
  • Suis-je prête à baisser mon « niveau de vie »?
  • Suis-en en bonne santé physique (cela reste un métier artisanal)?
  • Ai-je la possibilité d’avoir une source de revenu complémentaire ?

Si vous répondez non à au moins l’une de ces questions, attention, danger. Bien entendu, ces propos n’engagent que moi, et ma propre expérience. Si vous aussi vous avez tenté l’expérience, n’hésitez pas à apporter votre témoignage en commentaire !

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6 réflexions au sujet de « Quitter son job pour se lancer dans la déco : ce qu’il faut savoir »

  1. Merci Barbara pour cet article délicieusement inspirant et authentique (y)
    En plus, ça fait plusieurs jours que je pense à toi et que j’ai envie de te contacter pour un projet, alors là c’est THE signe de ouf trop bien !!!
    Good vibes for you !!!

  2. Tu as oublié un truc important : pas de chef ni de patron… J’ai fait une reconversion professionnelle aussi il y a 6 ans (j’étais prof des écoles) et je ne le regrette pas du tout… Je préfère gagner un peu moins et être libre. Encore merci à toi pour tous tes partages et ta bonne humeur. Tiens! Dans ton test tu aurais pu ajouter ceci : êtes vous optimiste dès le saut du lit ?

  3. Merci pour cet article très intéressant , qui ouvre des possibilités, et donne de très bonnes pistes de réflexion.

  4. Merci beaucoup pour cet article !
    En parcourant le net à la recherche de nouvelles idées de déco pour rénover des vieux meubles, j’ai découvert votre site – très bien fait d’ailleurs – et je me suis prise à rêver d’en faire peut-être un jour une activité complémentaire. Car je me doutais, et votre témoignage le confirme, qu’on ne peut pas réellement vivre que de ça. Je comptais vous envoyer un message pour vous poser mille et une questions, et vous avez anticipé mon besoin. Quelle joie ! Merci encore pour vos éclairages, et aussi pour tous les magnifiques relooking que vous nous montrez, les couleurs, les dessins, les matières, les mélanges de styles, c’est plein de saveurs différentes et c’est un régal pour les yeux ! Je suis moi aussi une adepte des brocantes, encombrants et autres lieux pour chiner pas cher, mais je manque de cette créativité qui fait toute la différence.
    A bientôt, je mets votre site dans mes favoris pour pouvoir vous suivre !

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